Bureau lumineux d'une direction des ressources humaines avec ordinateur portable, dossiers administratifs empilés et interface logiciel de paie affichée sur grand écran
Publié le 21 avril 2026

Le versement des indemnités de licenciement économique dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi marque le début d’un calendrier déclaratif strict. Les employeurs qui viennent de clore un PSE avec plusieurs dizaines de départs font face à une cascade d’obligations envers l’URSSAF, Pôle Emploi et les organismes de retraite complémentaire. Chaque indemnité versée — qu’elle soit légale, conventionnelle ou transactionnelle — obéit à un régime social distinct, avec des codes DSN spécifiques et des assiettes de cotisations différentes. L’enjeu dépasse la simple conformité administrative : une erreur de qualification peut déclencher un redressement plusieurs mois après le versement, assorti de majorations de retard dont le montant grimpe rapidement.

Dans les faits, les services URSSAF constatent régulièrement que les déclarations post-PSE cumulent trois fragilités : confusion entre les différents types d’indemnités, utilisation de codes DSN inadaptés et méconnaissance des seuils d’exonération applicables en 2026. Ces erreurs ne sont pas anodines. Elles exposent l’entreprise à des sanctions financières immédiates et peuvent déclencher des contentieux avec les salariés si les attestations Pôle Emploi comportent des montants erronés, impactant directement leurs droits à l’allocation de retour à l’emploi.

⚠ Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation juridique ou sociale. Consultez un expert-comptable, avocat en droit social ou conseil en paie pour toute décision déclarative engageante.

Cette complexité déclarative s’explique par trois facteurs principaux : la diversité des indemnités versées (légales, conventionnelles, transactionnelles), la multiplicité des organismes destinataires (URSSAF, Pôle Emploi, caisses de retraite complémentaire) et la technicité des codes DSN à maîtriser.

Face à cette cascade d’obligations, les directions des ressources humaines doivent piloter un calendrier serré où chaque déclaration obéit à des règles et des échéances spécifiques. Les cinq obligations déclaratives critiques suivantes structurent ce calendrier post-PSE.

Vos 5 obligations déclaratives critiques après versement d’indemnités PSE :

  • DSN mensuelle avec codes spécifiques selon la nature de l’indemnité (légale, conventionnelle ou transactionnelle)
  • Attestation Pôle Emploi transmise sous 48 heures avec mention obligatoire du PSE
  • Calcul distinct des assiettes exonérées et assujetties pour les indemnités conventionnelles
  • Notification des caisses de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO pour les salariés de 55 ans et plus
  • Conservation de l’ensemble des justificatifs déclaratifs pendant 5 ans minimum

Le cadre juridique des déclarations après indemnités de PSE

Lorsque l’employeur procède au licenciement d’au moins 10 salariés sur une période de 30 jours, la page dédiée de l’URSSAF sur le licenciement économique précise que c’est l’ensemble des indemnités versées dans le cadre du PSE qu’il convient de prendre en compte pour déterminer les sommes dues aux organismes sociaux. Cette obligation déclarative repose sur un principe simple : chaque euro versé au titre de la rupture doit être qualifié, déclaré et soumis au régime social correspondant. Mais la simplicité s’arrête là.

Une fraction conventionnelle mal déclarée fausse les cotisations malgré un versement salarié correct.



Le régime social des indemnités de licenciement économique s’articule autour de trois grandes catégories. L’indemnité légale de licenciement, calculée selon l’ancienneté et le salaire moyen, bénéficie d’une exonération totale de cotisations sociales dans les limites fixées par tel que l’encadre l’article L242-1 du Code de la sécurité sociale. Ce plafond d’exonération s’établit à 2 fois le montant annuel du plafond de la Sécurité sociale, soit 96 120 euros en 2026. Pour approfondir le cadre juridique des obligations légales PSE indemnités, consulter également les ressources complémentaires disponibles. Au-delà de 10 fois ce plafond, l’intégralité de l’indemnité devient assujettie dès le premier euro, un seuil rarement atteint dans les PSE classiques mais qu’il faut surveiller pour les cadres dirigeants.

⚠ Risque de majoration URSSAF dès le premier jour de retard

Comme le confirme la fiche officielle du Service Public Entreprendre mise à jour au 1er janvier 2026, l’URSSAF applique une majoration de retard de 5 % du montant des cotisations non payées à temps, applicable dès le premier jour suivant l’échéance DSN. Une majoration complémentaire de 0,2 % par mois ou fraction de mois s’ajoute ensuite à ce taux initial. Dans le contexte d’un PSE impliquant 30 licenciements avec des indemnités moyennes de 15 000 euros, une erreur de qualification entraînant des cotisations non versées peut coûter plusieurs milliers d’euros de pénalités en quelques mois seulement.

Les indemnités conventionnelles supra-légales, fréquentes dans les PSE négociés, suivent un régime hybride plus complexe. La fraction correspondant au montant légal reste exonérée dans les mêmes limites, tandis que l’excédent devient assujetti aux cotisations sociales. Cette double assiette impose un calcul rigoureux au moment de remplir la DSN : il faut ventiler chaque indemnité entre sa part exonérée et sa part assujettie, ligne par ligne, salarié par salarié.

Le tableau suivant récapitule les trois catégories d’indemnités de rupture PSE et leur traitement déclaratif respectif. Chaque ligne permet d’identifier rapidement le régime social applicable et le code DSN à utiliser selon la nature de l’indemnité versée.

Indemnités PSE : qualification et traitement déclaratif
Type d’indemnité Base de calcul Exonération cotisations sociales Codes DSN (référence) Risque si erreur déclaration
Indemnité légale de licenciement Ancienneté × salaire moyen (formule L1234-9 Code du travail) Totale dans limites article L242-1 CSS (96 120 € en 2026) Code 001 (à vérifier dsn-info.fr 2026) Redressement URSSAF si assujettie à tort
Indemnité conventionnelle PSE (supra-légale) Barème accord PSE (souvent × 1,5 ou × 2 du légal) Partielle (exonération jusqu’à plafond, au-delà assujettie) Code 002 (à vérifier dsn-info.fr 2026) Redressement si fraction assujettie non déclarée
Indemnité transactionnelle (accord transaction) Montant négocié dans protocole transactionnel Aucune (assujettie intégralement) Code 003 (à vérifier dsn-info.fr 2026) Redressement URSSAF + contentieux salarié si ARE impacté

Le troisième cas de figure concerne les indemnités transactionnelles, versées lorsqu’un protocole d’accord prévoit une renonciation du salarié à tout recours contentieux. Contrairement aux indemnités légales et conventionnelles, ces sommes sont intégralement assujetties aux cotisations sociales dès le premier euro. Cette règle découle de la jurisprudence constante de la Cour de cassation : l’indemnité transactionnelle ne répare pas le préjudice lié à la perte d’emploi, mais achète la paix sociale. Elle relève donc du salaire au sens large et supporte l’ensemble des charges.

CE Expertises : l’expertise-comptable au service du CSE pour sécuriser les déclarations post-PSE

Les obligations déclaratives qui suivent un Plan de Sauvegarde de l’Emploi ne concernent pas uniquement l’employeur. Le comité social et économique, en tant qu’instance de contrôle, dispose du pouvoir de vérifier que les déclarations sociales ont été effectuées conformément à la réglementation et aux accords conclus. Cette mission de surveillance prend tout son sens lorsque des erreurs déclaratives risquent d’impacter les droits des salariés licenciés ou de fragiliser la santé financière de l’entreprise par un redressement URSSAF. CE Expertises intervient précisément dans ce cadre, en accompagnant les représentants du personnel pour auditer la conformité déclarative de l’employeur.

Concrètement, l’expert-comptable mandaté par le CSE procède à une vérification approfondie des déclarations sociales nominatives déposées après le versement des indemnités. Cette analyse porte sur plusieurs points techniques : la cohérence entre les montants versés aux salariés et les montants déclarés en DSN, l’exactitude des codes nature utilisés pour qualifier chaque type d’indemnité, le calcul des assiettes exonérées et assujetties pour les indemnités conventionnelles supra-légales. L’expert contrôle également la conformité des attestations Pôle Emploi transmises aux salariés, en vérifiant notamment que la mention du PSE figure bien sur chaque document. Ces attestations conditionnent l’ouverture des droits à l’allocation de retour à l’emploi et, en cas d’erreur, peuvent déclencher un contentieux entre le salarié et l’ancien employeur.

L’expertise-comptable déployée par CE Expertises sur les déclarations post-PSE présente un triple avantage pour les représentants du personnel. Elle sécurise les droits individuels des salariés licenciés en garantissant que leurs attestations Pôle Emploi sont exactes et complètes. Elle anticipe les risques financiers pour l’entreprise en détectant les anomalies déclaratives avant qu’un contrôle URSSAF ne les sanctionne, préservant ainsi la continuité de l’activité et les emplois restants. Enfin, elle renforce la crédibilité du CSE auprès des salariés en démontrant que l’instance exerce pleinement ses prérogatives de contrôle. Cette mission d’audit déclaratif s’inscrit dans le cadre plus large de l’expertise PSE, dont le coût est intégralement pris en charge par l’employeur conformément aux dispositions du Code du travail.

La Déclaration Sociale Nominative (DSN) : procédure et codes obligatoires

La DSN constitue le pivot central des obligations déclaratives post-PSE. Depuis 2017, cette déclaration mensuelle dématérialisée remplace l’ensemble des déclarations sociales antérieures et centralise les informations transmises à l’URSSAF, aux caisses de retraite et à Pôle Emploi. Mais la simplicité apparente du dispositif masque une complexité technique redoutable lorsqu’il s’agit de déclarer des indemnités de licenciement économique. Une PME industrielle ayant conclu un PSE avec 42 licenciements s’est ainsi retrouvée confrontée à un redressement URSSAF de 12 000 euros pour avoir utilisé un code nature de contrat inadapté, entraînant un calcul erroné de l’assiette de cotisations sur les indemnités supra-légales de 18 000 euros en moyenne par salarié. L’erreur n’a été détectée que huit mois plus tard, lors d’un contrôle, et a nécessité une régularisation via une DSN annulation-remplacement assortie de la majoration de retard de 5 %.

La première étape consiste à qualifier avec précision chaque indemnité versée. Cette qualification détermine le régime social applicable et, par voie de conséquence, le code DSN à utiliser. L’indemnité légale de licenciement, calculée selon la formule de l’article L1234-9 du Code du travail, bénéficie d’une exonération totale de cotisations sociales dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2026, ce seuil s’établit à 96 120 euros.

Les indemnités conventionnelles supra-légales, fréquentes dans les PSE négociés, nécessitent un calcul en deux temps. Il faut d’abord déterminer le montant de l’indemnité légale théorique, qui reste exonéré dans les mêmes limites. Puis isoler l’excédent versé au titre de l’accord PSE, qui devient intégralement assujetti aux cotisations sociales. Prenons une situation classique : un salarié reçoit 12 000 euros au titre de son PSE, dont 5 000 euros correspondent à l’indemnité légale. Les 5 000 euros légaux sont exonérés, mais les 7 000 euros supplémentaires entrent dans l’assiette des cotisations sociales et doivent être déclarés comme tels en DSN. Cette ventilation ligne par ligne conditionne l’exactitude des cotisations versées et l’absence de redressement ultérieur.

Consulter le référentiel DSN sur dsn-info.fr avant dépôt — mises à jour trimestrielles obligatoires.



Le référentiel DSN distingue plusieurs codes nature pour les indemnités de rupture du contrat de travail. Pour les indemnités légales de licenciement économique, le code 001 (à vérifier sur dsn-info.fr pour la nomenclature 2026) permet de signaler à l’URSSAF que la somme entre dans le périmètre des exonérations prévues par le Code de la sécurité sociale. Cette rubrique doit être renseignée dans la section « indemnités exonérées » de la DSN, avec indication du montant exact versé au salarié. Les praticiens recommandent généralement de conserver une copie du calcul détaillé de l’indemnité légale dans le dossier du salarié, en prévision d’un éventuel contrôle URSSAF.

Pour les indemnités conventionnelles supra-légales issues d’un accord PSE, le code 002 (référence à vérifier sur dsn-info.fr) s’applique à la fraction qui dépasse le montant légal. Cette fraction doit impérativement être déclarée dans la rubrique « rémunérations assujetties » de la DSN, car elle supporte l’ensemble des cotisations sociales patronales et salariales. L’erreur la plus fréquemment constatée par les services URSSAF consiste à déclarer l’intégralité de l’indemnité conventionnelle en rubrique exonérée, sans opérer la ventilation entre la part légale exonérée et l’excédent assujetti. Cette confusion entraîne mécaniquement un manque à gagner pour l’URSSAF, détecté lors du contrôle annuel des cohérences.

Quel code DSN choisir pour votre indemnité PSE ?

  • Si l’indemnité versée est strictement égale au montant légal de licenciement (formule L1234-9 Code du travail) :
    Code DSN 001 (Indemnité légale) – Exonération totale de cotisations sociales dans les limites de l’article L242-1 CSS (96 120 € en 2026). Déclarer le montant en rubrique « Indemnités exonérées » de la DSN.
  • Si l’indemnité versée dépasse le montant légal mais ne fait pas l’objet d’un protocole transactionnel :
    Code DSN 002 (Indemnité conventionnelle supra-légale PSE) – Exonération partielle : fraction légale exonérée, excédent assujetti. Calculer les deux parts et déclarer la fraction exonérée en rubrique « Indemnités exonérées » ET la fraction assujettie en rubrique « Rémunérations assujetties ».
  • Si l’indemnité inclut un montant négocié dans un protocole transactionnel signé (clause de renonciation à recours) :
    Code DSN 003 (Indemnité transactionnelle) – Assujettie INTÉGRALEMENT aux cotisations sociales, aucune exonération. Déclarer le montant total en rubrique « Rémunérations assujetties » de la DSN.

La DSN mensuelle doit être déposée avant une date butoir qui varie selon l’effectif de l’entreprise. Les structures de moins de 50 salariés disposent généralement d’un délai jusqu’au 15 du mois suivant le versement des indemnités, tandis que les entreprises de 50 salariés et plus doivent déposer leur déclaration avant le 5 du mois. Cette différence d’échéance n’est pas anodine : dans le contexte d’un PSE, le nombre de licenciements peut faire basculer temporairement l’effectif sous le seuil des 50 salariés, créant une incertitude sur la date limite applicable. Les experts-comptables recommandent de consulter le compte entreprise sur urssaf.fr pour vérifier l’échéance applicable à chaque dépôt de DSN.

Rédigé par Laurent Mercier, éditeur de contenu spécialisé en droit social et relations collectives, passionné par le décryptage des procédures de restructuration et la vulgarisation des obligations déclaratives complexes pour les professionnels RH et représentants du personnel.